16. ENCYCLOPÉDIE : JEU DE SAPE
Dans son livre intitulé Gödel, Escher, Bach, le mathématicien Hofstadter décrit un jeu qui se joue à deux et ne réclame aucune carte, aucun pion, aucun objet. Juste deux mains.
Au signal chaque participant tend la main et affiche avec ses doigts un chiffre de 1 à 5.
Le chiffre le plus grand gagne le nombre de points de différence entre les deux mains.
Par exemple si une main fait un 5 et l’autre fait un 3, la main qui a fait 5 gagne la différence : 2 points. Et on comptera 2 à 0. Normalement il suffit donc de faire toujours 5 pour gagner… mais il y a une deuxième règle qui vient compléter la première.
Si la différence entre les deux mains est de 1 point le plus petit chiffre gagne l’addition des deux mains.
Exemple : si une main fait 5 et l’autre 4, celle qui a fait 4 gagne l’addition des deux, donc 9 points.
Si les deux font le même chiffre cela ne compte pas et on continue. Ainsi de suite. Le premier qui a 21 points gagne. Certains évidemment peuvent jouer de l’argent. Ce jeu très simple, sans matériel et avec des règles rapides à intégrer, peut s’avérer à l’usage d’un haut niveau de psychologie et de subtilité puisqu’il faut sans cesse prévoir ce que l’autre pense, et surtout ce que l’autre pense que l’on pense.
À peine une stratégie a-t-elle réussi qu’il faut en changer pour surprendre de nouveau.
Edmond Wells,
Encyclopédie du Savoir Relatif et Absolu, Tome VI.